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Orconectes limosus

"Spinycheek crayfish - Écrevisse américaine - Écrevisse à épines"

Cette écrevisse de grande taille est la seule de nos espèces à posséder deux épines ou plus sur au moins l’un des côtés de la carapace, derrière le sillon cervical ( jointure entre la tete de l'ecrevisse "rostre" et la deuxieme partie de sa carapape "Aérole" en avant de la queue).


Habitat et reproduction :

L’écrevisse à épines fréquente le plus souvent les cours d’eau larges à courant relativement lent, avec un substrat vaseux ou rocheux. Elle est aussi associée à la présence d’argile dans le sol et de végétation aquatique. On la retrouve néanmoins dans plusieurs rivières de moyenne largeur avec courant modéré et fond rocheux, notamment en Estrie. 
L’écrevisse à épines et l’écrevisse à pinces bleues au lac Saint-Pierre, ont des cycles de reproduction particulièrement synchronisés.   
Les femelles libèrent les jeunes vers la fin juin et au début juillet. Ces derniers atteindront leur maturité à l’automne de leur deuxième année. 


Répartition géographique :

On croit que l’apparition de cette espèce au Québec est récente; elle aurait profité de la construction d’un canal sur la rivière Hudson dans l'état de New York pour accéder au lac Champlain et se répandre ensuite jusqu'au lac Saint-Pierre par la rivière Richelieu et jusqu'au lac Saint-Louis par la rivière Châteauguay. De plus, il est probable qu’elle ait pu coloniser la rivière Saint-François via le lac Memphrémagog, en Estrie, et possible qu’elle ait pu accéder au fleuve d’abord par cette voie.

Aujourd’hui, on la retrouve jusque dans les rivières Magog et Massawippi. Elle est aussi présente dans la rivière au Saumon, en Estrie, en amont jusqu’au barrage de Kingsbury, et en Mauricie, dans la rivière Saint-Maurice. L’écrevisse à épines est une espèce commune dans le sud-ouest du Québec, se retrouvant dans le fleuve Saint-Laurent jusqu’à l’île d’Orléans et dans quelques tributaires. 


Quoique récente, l’arrivée au Québec de l’écrevisse à épines n’est pas la conséquence d’un transfert. C’est d’abord le fait d’une extension d’aire naturelle des populations des lacs Champlain et Memphrémagog vers la fin des années soixante ou le début des années soixante-dix.

 

En 1988, elle était répertoriée pour la première fois dans le delta de la rivière Châteauguay et au lac Saint-Louis. Elle avait probablement dévalé la rivière en provenance du lac Châteauguay, dans l’état de New York, où elle aurait été introduite. Ce transfert accidentel ou volontaire serait dû à des pêcheurs sportifs, s’étant approvisionnés chez des commerçants d’appâts vivants du lac Champlain.

 

Aujourd'hui, elle occupe tout le couloir fluvial entre Repentigny et l’archipel du lac Saint-Pierre. 
Par ailleurs, il semble que l’expansion rapide de l'écrevisse à épines dans le sud-ouest du Québec procède exclusivement d’une dispersion passive, de l’amont vers l’aval des cours d'eau, notamment à la faveur des crues printanières. Cette espèce ne semble pas avoir la capacité d’étendre son aire de répartition en voyageant à contre-courant. C’est probablement la raison pour laquelle l’écrevisse à pinces bleues demeure encore la seule des deux espèces présente dans les tributaires du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu, excepté là où l'écrevisse à épines s'est installée en dévalant de l'amont par suite de transferts (rivière Saint-Maurice) ou d'extensions d'aire naturelles (rivière Saint-François) en provenance de la partie supérieure des bassins. 


L’écrevisse à épines n’a pas encore été répertoriée au Canada à l’ouest du Québec et ce n’est qu’en 1987 qu’elle fut trouvée pour la première fois au NouveauBrunswick, dans un bassin versant commun avec le Maine.


Valeur économique :

L’écrevisse à épines est, avec l’écrevisse à pinces bleues, l’une des deux espèces dont les prises accidentelles par la pêche commerciale au verveux sont répertoriées au lac Saint-Pierre et dans le fleuve SaintLaurent, secteur de Trois-Rivières. Pour les deux espèces, les débarquements se chiffraient à 10,8 et 4,0 tonnes métriques pour 1996 et 1997, respectivement. Cela ne constitue cependant pas la totalité de la récolte pour cet élargissement du Saint-Laurent car une large part des captures est rejetée à cause, notamment, du manque de débouchés ou parce que leur nombre est trop faible pour procurer un volume de vente intéressant à l’année longue.

 

Cette écrevisse est aussi capturée dans le fleuve en aval du pont Laviolette où elle est vraisemblablement la seule espèce présente de taille commerciale, d’après les données que nous avons, abstraction faite de l’écrevisse géante, si elle pouvait s’y installer.
Ces populations pourraient supporter une exploitation beaucoup plus forte. Les écrevisses, en effet, lorsqu’elles sont présentes, sont généralement très abondantes. Elles possèdent la capacité de procurer des rendements soutenus. Aussi longtemps que les conditions de l’habitat ne sont pas modifiées, on pourrait prélever jusqu’à 50 % de la population adulte sans grand risque de surexploitation. Il serait ainsi possible de maintenir, année après année, des rendements élevés sans limites de prise, à condition que la saison d’exploitation ne débute pas avant que les jeunes aient quitté la femelle vers la fin juin et au début juillet.

 

Cela a été mis en évidence, chez l’écrevisse à pinces bleues. La principale contrainte à l’exploitation de ces crustacés serait donc liée beaucoup plus à la capacité de développer des marchés qu’à la capacité de production des populations .

 
Les cycles vitaux de l’écrevisse à pinces bleues et de l’écrevisse à épines se ressemblent beaucoup. Rien, jusqu’à maintenant, ne laisse croire que les conclusions de ces auteurs concernant le potentiel d’exploitation de la première espèce ne puissent aussi s’appliquer à la deuxième. 

 

L’arrivée relativement récente de l'écrevisse à épines dans plusieurs de nos cours d’eau aurait eu, selon certains observateurs, un effet négatif sur les populations d’écrevisse à pinces bleues. Les deux espèces semblent entrer en compétition lorsqu’elles se retrouvent dans le même milieu et la dernière arrivée serait la seule restante après un certain temps.

Cependant, dans des pièces d'eau de très grande superficie, comme le lac Saint-Pierre ou ailleurs dans le fleuve Saint-Laurent, il semble s’être installé un équilibre précaire entre les deux espèces. En Estrie, les deux espèces ont été rencontrées dans les rivières au Saumon, Magog et Massawippi. Cependant, la rivière au Saumon est le seul cours d’eau où les deux coexistent dans des proportions presque égales; dans la rivière Magog, l’écrevisse à épines semble plus commune tandis que dans la rivière Massawippi, les captures suggèrent la situation inverse. 


Il est vrai que l’écrevisse à épines est actuellement en expansion, mais la seule espèce qui semble déplacée jusqu’à maintenant par elle, est l’écrevisse à pinces bleues. Le phénomène a d’ailleurs été documenté et il est réciproque, selon l’espèce qui colonise un milieu où l’autre est déjà présente. Le phénomène de croisement entre l’écrevisse à rostre caréné et l’écrevisse à épines est aussi connu, mais cette dernière n’est pas réputée former des hybrides avec d’autres espèces du genre comme c’est le cas pour l’écrevisse à taches rouges.

 

 

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