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Orconectes virilis

"Virile crayfish - Écrevisse nordique - Écrevisse à pinces bleues"

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Cette grosse écrevisse a les pointes latérales du rostre bien développées. Elle possède aussi une épine de chaque côté de la carapace derrière le sillon cervical, comme l’écrevisse à rostre caréné et l’écrevisse marbrée.

 

Les extrémités des gonopodes du mâle sont effilées et légèrement recourbées. Chez la femelle, le gonopore présente une cavité en forme de triangle évasé. La coloration générale varie de grisâtre à verdâtre, parfois brun rougeâtre, et les gros individus ont souvent les pinces bleu-verdâtre. 

Habitat et reproduction :

L’écrevisse à pinces bleues habite le plus souvent les rivières à fond rocheux. Dans les lacs, on la retrouve parfois en eau assez profonde, mais c’est avant tout une espèce ubiquiste, commune également dans les substrats d’argile gris-bleu des fossés agricoles du Suroît et de la vallée du Saint-Laurent. 
L’écrevisse à épines et l’écrevisse à pinces bleues, au lac Saint-Pierre, ont des cycles de reproduction particulièrement synchronisés. Selon ces auteurs, les femelles libèrent les jeunes vers la fin juin et au début juillet. Ces derniers
atteindront leur maturité à l’automne de leur deuxième année. 


Situation et répartition géographique :

D’après les renseignements disponibles, l’écrevisse à pinces bleues, l’une des quatre espèces indigènes du Québec, est présente en quelque 46 MRC du sud-ouest de la province dont seize au nord du Saint-Laurent, de Pontiac à D’Autray en passant par la rivière Cachée dans le secteur du mont Tremblant. Au sud du fleuve, sa répartition géographique semble générale, de la frontière ontarienne jusque dans la région de ChaudièreAppalaches. Bien qu’elle soit commune dans tout le sudouest du Québec, cette espèce semble avoir beaucoup diminué dans la partie du fleuve Saint-Laurent comprise entre Pointe-des-Cascades et l'île d'Orléans suite à l’arrivée de l’écrevisse à épines. Il est possible qu’elle soit aussi en baisse d’abondance dans quelques autres rivières du Québec. 


En Ontario, cette écrevisse est présente dans la plupart des bassins versants de la baie de James et de la baie d’Hudson, mais il semble que ce ne soit pas le cas du côté québécois.
L’écrevisse à pinces bleues est celle parmi les huit espèces répertoriées au Québec dont la répartition est la plus étendue aux États-Unis. 


Sensibilité :

Des baisses locales de population pourraient être attribuables à la pollution de l’air et de l’eau et aux modifications chimiques des milieux aquatiques qui y sont associés. Une étude poursuivie dans des lacs du Bouclier canadien en Ontario a montré une diminution de l’écrevisse à pinces bleues comme des autres espèces indigènes. Ces baisses résulteraient de pH faibles et de fortes concentrations d’aluminium. Il a été démontré que l’acidification des lacs réduit la fécondité chez l’écrevisse à pinces bleues et on en a conclu que l’échec de la reproduction pouvait amener la disparition de populations longtemps avant que l’acidité de l’eau ne devienne une cause directe de mortalité. Apparemment, pour réussir, la fixation des oeufs à la femelle nécessite un pH supérieur à 5,8. L’acidification du milieu aquatique peut aussi occasionner un ramollissement de la carapace, ce qui rend l’écrevisse plus vulnérable à la prédation et aux pressions mécaniques. 


En Ontario et au Manitoba, on a montré que l’écrevisse à pinces bleues était un bon indicateur du taux de mercure dans l’environnement. Selon des études réalisées dans la région de Sudbury où les rejets de métaux lourds demeurent élevés, l’espèce semble bien supporter le cuivre, le cadmium et le nickel, même s’il y a accumulation.
Valeur économique Pour la discussion sur le potentiel commercial de l’écrevisse à pinces bleues, se référer à la section sur la valeur économique de l’écrevisse à épines. 


Renseignements complémentaires :

Autrefois, l’écrevisse à pinces bleues était dominante au lac Saint-Louis, dans la rivière Richelieu et dans le fleuve Saint-Laurent, vraisemblablement jusqu’à l’île d’Orléans. Au moins depuis le début des années soixante-dix, elle a été complètement délogée par l’écrevisse à épines, presque partout dans le fleuve Saint-Laurent, sauf en milieux lotiques. Les deux espèces continuent aussi de cohabiter en Estrie, notamment, dans la rivière SaintFrançois. D’ailleurs, ce phénomène semble propre au Québec. En effet, les deux espèces ne peuvent normalement pas coexister, la dernière arrivée étant réputée déplacer la première présente. L’écrevisse à pinces bleues s’associe toutefois à l’écrevisse à rostre caréné et à l'écrevisse de ruisseau, avec lesquelles on la retrouve fréquemment, entre autres en Montérégie, dans les rapides du Saint-Laurent et de la rivière Yamaska, de même que dans certains cours d’eau de l’Estrie.

 

 

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